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Déclaration préalable au CDEN du 21 janvier 2014

jeudi 23 janvier 2014

Déclaration du SNUipp-FSU.

Notre rôle et notre position de syndicat majoritaire nous confortent dans notre volonté de porter et de défendre dans toutes les instances la parole et les revendications des enseignants et de donner des outils aux collègues pour qu’ils puissent peser localement.

La réforme des rythmes qui s’annonçaient comme étant une mesure phare pour résoudre la difficulté scolaire n’arrive pas à se mettre en place. Sur une grande ville comme Besançon, 41 écoles sur 69 s’opposent au projet proposé par la mairie. Dans le département du Doubs, des écoles proposent des organisations, qui selon les professionnels de l’école et les parents d’élèves, pourraient permettre à la fois de meilleures conditions d’apprentissage et de travail, mais aussi de mettre en place des activités péri-éducatives de qualités. Des organisations de ce type vivent avec succès depuis plus de 15 ans dans certaines villes de France, organisations mis en péril par ce nouveau décret.

Aujourd’hui, nous ne traitons que 10 % des écoles du Doubs. C’est plus qu’un signe : c’est un appel fort des écoles, des communes pour dire que cette mise ne place du décret ne convient pas. Que le carcan des 9 demi journées est trop rigide. Que les communes demandent encore du temps et des moyens. Que personne n’est prêt. Que ce décret ne répond en rien au problème récurent du traitement de l’échec scolaire. L’ambition de la réussite des tous à l’école de la

République ne peut s’accommoder d’une réforme à minima qui n’aborde pas les problèmes de fond.

Nous dénonçons une consultation trop souvent formelle. Est-il besoin de rappeler qu’une réforme est d’autant mieux acceptée qu’elle est désirée, expérimentée, évaluée puis mise en œuvre avec les principaux concernés.

Nous dénonçons ce décret qui destitue le conseil d’école et permet aux communes de mettre en place des organisations scolaires sans consulter le conseil d’école ou à l’encontre des organisations votées par cette instance légitime. Les conciliations promises dans une note de service n’ont jamais été organisées.

Pour les enseignants passés à 9 ½ journées une majorité d’entre eux a vu ses conditions de travail se dégrader. La multiplicité des organisations a des effets sur leur vie personnelle et sur leurs choix professionnels. De fait, il y aura des conséquences sur les choix qu’ils devront faire au moment de participer au mouvement.

Concernant les enfants, le constat est majoritairement le même : multitude d’adultes intervenants pas toujours formés, pas toujours les mêmes, fatigue, énervement, perte de repères, le quantitatif des activités prenant souvent le pas sur le qualitatif. On aboutit à une journée dont la succession des différents temps manque de cohérence.

Pour ce qui est des élèves, le constat est identique et le plus grave est l’augmentation de l’absentéisme, non pas uniquement le mercredi matin (ou le samedi) mais sur l’ensemble de la semaine. La fatigue n’est plus ici un symptôme mais une cause aggravante. De plus, cette réforme n’est pas sans conséquences sur le choix des parents de scolariser leurs enfants dans le public ou le privé, puis que les établissements privés n’ont aucune obligation de modifier leur organisation et toucheront de toute façon les subventions. Dans certaines communes qui ont fait le choix de facturer au familles les Nap, il est moins onéreux, pour ces dernières, de mettre leurs enfants dans le privé plutôt que dans le public. Il existe donc un risque bien réel d’une fuite des élèves du public vers le privé, d’autant que le décret organise de fait une concurrence déloyale mais légale.

Le SNUipp/FSU ne peut se reconnaître dans cette réforme. Les faits nous donnent raison. Comme nous avions raison dés le début en revendiquant la nécessaire réécriture du décret.

Nous continuerons, avec les enseignants, les parents, les élus, les associations à demander la suspension de cette réforme et l’ouverture de discussion pour aboutir à un vrai progrès social pour tous.

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