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Après l’anglais, osons l’allemand … Et quand oserons-nous le mandarin ?

vendredi 6 novembre 2015

Lors de la CAPD du 5 novembre, l’administration a confirmé ce que nous savions déjà. Certaines écoles, dépendant de 12 secteurs de collèges (pour cette année), se verront donc imposer l’apprentissage et la pratique de l’allemand en plus de l’anglais très prochainement (d’ici une à deux semaines ) et ce, sans que les parents des élèves n’aient été tous informés.

Outre le côté irrespectueux de la chose, plusieurs aberrations accompagnent ce projet.

Si l’intention de départ paraît louable (permettre à un maximum d’élèves de pratiquer une deuxième langue étrangère dès le plus jeune âge et connaître la culture d’un autre pays) les faits sont un peu plus complexes. L’objectif principal semble être de sauver les classes bilangues en préparant dès le primaire des enfants à acquérir quelques bases dans les deux langues concernées.

Mais tout le monde est parfaitement conscient que les élèves de Cm2 à qui on aura imposé l’apprentissage d’une deuxième langue étrangère sans aucune concertation avec leur famille ne pourront pas tous accéder aux fameuses classes bilangues. Cela ne semble absolument pas gêner l’administration d’utiliser la totalité des élèves pour permettre à une petite minorité de ceux ci d’être triés sur le volet et d’accéder à l’élite de la classe bilangue. En terme d’équité, on fait mieux !

Passons maintenant à l’analyse de la mise en place concrète de ce « nouvel apprentissage » :

Qui fera l’enseignement de l’allemand ? Peut être des profs de collèges, sûrement un ou deux brigades langues mais principalement les enseignants qui ont obtenu l’habilitation. Lorsqu’on se remémore un peu l’historique de l’enseignement de l’anglais au primaire, celui-ci a d’abord été dispensé par des intervenants, puis par des enseignants ayant obtenu l’habilitation d’anglais et enfin l’enseignement de l’anglais a été imposé à tous les enseignants (y compris ceux n’ayant jamais appris l’anglais au collège ou ceux ayant été refusés lors de l’habilitation) sous prétexte d’une formation départementale de qualité « Osons l’anglais » de 2 jours ! Pourquoi changer une méthode qui gagne ? Cela se passera bien évidemment de la même façon pour l’allemand et permettra ainsi à l’éducation nationale de fanfaronner partout que tous les élèves français du primaire sont bilingues ou trilingues. Bien sûr, personne n’est dupe, pas même l’Inspecteur Adjoint qui précise « qu’il ne serait pas forcément intéressant d’envisager une évaluation du niveau d’anglais à l’entrée du collège car nous pourrions être très déçus, les professeurs du collège considérant qu’au primaire l’enseignement de l’anglais est de piètre qualité (quelques chants, quelques rondes) et reprenant généralement l’intégralité du programme à l’entrée de la 6è ». Mais tant pis, sur le papier, les faits sont là !

Comment sera dispensé l’enseignement de l’allemand ?

Là, ça se corse ! Comme les emplois du temps et les programmes des élèves du primaire sont surchargés, pas question d’ajouter une nouvelle matière (l’allemand). Il va donc falloir composer et l’administration a la solution. Enseigner une des matières du programme (histoire, géographie, …) dans la langue concernée (allemand).

Lorsqu’on a été capable de dire cela, de réfléchir cela, d’imposer cela, alors il n’y a plus de limites : les élèves français deviendront les meilleurs élèves du monde au niveau de la pratique des langues étrangères. Il faut, comme le ministère, les Dasen, être visionnaires. Pourquoi s’arrêter à si peu …

Osons l’apprentissage de l’anglais en mandarin, de la géographie en russe, du français en espagnol, … Deux jours de formation par langue à enseigner et c’est parti ...