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APC : que change la note du 28 mars ?

vendredi 7 septembre 2018

Dans la note du 28 mars, les APC font l’objet d’un double recentrage.
D’abord en terme d’objectifs, ce texte indique que les APC seront “spécifiquement” dédiées à la maîtrise du langage et à la lecture. Pourtant, le décret de 2017 ouvre 3 possibilités : aide au travail personnel, remédiation ou toute action prévue dans le projet d’école.
Ensuite concernant les modalités, la note n’évoque que deux possibilités : l’atelier de lecture ou le club de lecture. Sans en préciser la mise en œuvre concrète, le texte indique que ces ateliers ou clubs “viseront à susciter ou développer chez les élèves le goût de lire, de mieux connaître les livres, à les engager dans la lecture de textes longs, dans des échanges sur les lectures réalisées, ou à encourager leurs capacités de lecture à voix haute.”
Enfin, concernant la place des APC dans l’emploi du temps, le choix des élèves et leur nombre au cours d’une séance, le texte réduit les possibilités de choix des enseignant.e.s. Ainsi, “Tout élève dont les parents en font la demande doit pouvoir être inscrit à un atelier/club de lecture.”
La durée des APC n’est plus comptabilisée dans le calcul de la durée de la demi-journée ou de la journée, quelle que soit l’organisation hebdomadaire choisie.
Une heure est un minimum pour proposer une activité construite (sous la forme de deux fois trente minutes par exemple)”. Le tout, bien sûr, en prenant en compte les contraintes locales, “notamment les transports scolaires”.

Ce que le SNUipp-FSU en pense.

Ce nouveau cadrage des APC illustre parfaitement la place qu’entend donner le ministre aux enseignant.e.s au sein de “l’Ecole de demain” : aucune réflexion, aucune analyse, aucun choix collectif et aucune initiative ne sont attendus de la part des équipes. Il leur est seulement demandé d’appliquer les consignes.
Qu’une enseignante juge totalement inadaptées les APC pour tel élève ne changera rien… Si ses parents le souhaitent, leur enfant “bénéficiera” des APC.
Si certaines équipes souhaitent utiliser les sciences, l’EPS ou la rédaction d’un journal pour travailler la maîtrise de la langue... on leur demandera d’arrêter de penser à la place du ministre !

Ce que le SNUipp revendique.

Pour le SNUipp-FSU, ces nouvelles modalités ne remettent pas en cause la position défendue depuis quatre années, bien au contraire : l’heure hebdomadaire d’APC demeure inutile, injuste et chronophage.

Pour les élèves, Inutile. : ce temps “en plus” de la classe n’a pas fait ses preuves. Enseignant.e.s et élèves ne peuvent s’y impliquer comme en classe. D’après les recherches de Marie Toullec-Théry, (Maître de conférences en sciences de l’éducation à l’Université de Nantes), ces temps ne sont bénéfiques que sur le plan affectif, ils n’apportent au mieux qu’un “bon moment” aux élèves qui y participent.

Pour les enseignant.e.s, injuste, car les 24 heures d’enseignement hebdomadaire dépassent déjà largement les 18h de nos collègues français du second degré et la moyenne des pays de l’OCDE dans le premier degré. De plus, 30% des collègues sont officiellement dispensé.e.s des APC ( PEMF, directeurs, enseignants spécialisés, …). Pourquoi pas celles et ceux dont la classe compte plus de 25 élèves, celles et ceux qui exercent en cours multiple, en zone rurale, en zone montagne, en REP, … ?

Chronophage, car les APC telles qu’elles nous sont imposées aujourd’hui sont un obstacle au “bien-faire son métier”. Nous sommes plus utiles à nos élèves en préparant notre classe, en rencontrant des parents, des partenaires ou en nous concertant avec nos collègues qu’en obéissant à la consigne des APC dès lors que celle-ci ne nous semble pas adaptée.
Si Monsieur Blanquer veut réellement faire confiance aux enseignant.e.s, qu’il leur accorde la libre utilisation des 108h !

voir aussi : APC en septembre 2018 : l’action continue !

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