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Les écoles de Planoise explosent ! (CR audience DASEN)

mercredi 29 mars 2017

Compte-rendu de l’audience écoles de Planoise – mardi 28 mars 2017 

Les enseignant-e-s de Planoise ont souhaité rencontrer l’Inspecteur d’académie pour échanger avec lui sur les conditions d’enseignement dans le quartier. Il s’agit bien de tout le quartier et non seulement du REP+.
Les écoles du secteur Fourier, bien que non reconnues en éducation prioritaire, scolarisent le même publique que les écoles du REP+ et si aucune solution institutionnelle n’a encore vu le jour pour officialiser le statut d’éducation prioritaire pour ces écoles, les enseignant-e-s ont tenu à affirmer que les difficultés qu’ils exprimaient étaient communes ainsi que les demandes qui en découlaient.

Toutes les écoles de Planoise rencontrent d’importantes difficultés liées aux élèves "hors cadre", à la diversité des profils des élèves (troubles du comportement, grande difficulté scolaire, intégrations ULIS, allophones, CHAM...), au manque de personnels (dont postes RASED), au manque de réactivité des partenaires de l’école et à l’absence de réponse concrète de l’administration.
Les témoignages de situations de crises sont (trop) nombreux ; les collègues sont exténués, désabusés ; le fonctionnement des écoles est empêché.

Une délégation de six enseignant-es représentant les écoles de tout Planoise a été reçue pendant plus de 2 heures par l’Inspecteur d’académie, l’Inspecteur de la circonscription de Besançon 1 et le Secrétaire général de la DSDEN ce mardi 28 mars à 17h30.
Plus de cinquante collègues des écoles de Planoise étaient présents devant la DSDEN pendant cette audience pour soutenir la délégation. (voir article de l’Est Républicain)


Les demandes fomulées lors de cette audience :

1. Rétablir les moyens perdus depuis 10 ans (RASED : 4 postes perdus, 1/2 poste de CPC supprimé, poste de référent REP+ laissé vacant )

2. Veiller à ce que les effectifs soient effectivement inférieurs à 22 élèves par classe en élementaire, durant toute l’année (25 élèves par classe maximum en maternelle).
Actuellement, les élèves d’ULIS ne sont pas pris en compte dans les effectifs des classes. Ils sont pourtant intégrés dans les classes ordinaires, comme les élèves d’UPE2A.
Avec ces dispositifs spécifiques, une école compte cette année 23 élèves en moyenne par classe. Une classe de CM1 a dû fonctionner avec 25 élèves.

3. Mettre en place un dispositif pour travailler les situations « ingérables » en classe ordinaire : Certains départements font ce travail  :

  • « R’école » à Paris : dispositif composé de maîtres spécialisés qui proposent de la médiation, un diagnostic et la prise en charge en classe-relais pendant 5 semaines des élèves qui en ont besoin.
  • Brigades spécialisées itinérantes dans le 93 : duos maîtres G + maîtres D
  • Remplaçant spécialisé affecté spécialement dans une école (dispositif mis en place pendant plusieurs mois à l’école élémentaire Ile de France en 2013)

4. Prendre en compte les difficultés spécifiques des classes de CM1 et CM2
Si la priorité donnée au cycle 2 et notamment au CP porte ses fruits (effectifs réduits, interventions prioritaires des maîtres supplémentaires et des memebres du RASED), il reste que les classes de CM1 et de CM2 sont souvent privées de ces aides alors qu’elles en ont également besoin.

5. Accélérer les procédures MDPH :
Les différentes phases de diagnostic des difficultés par les enseignants et le RASED, d’information des familles, de saisine de la MDPH, de décision par celle-ci d’affectater des AVS ou d’orienter vers une structure spécialisé sont trop longues. Elles laissent les enseignants seuls avec les élèves en situation de handicap pendant des mois.

6 . Augmenter la présence dans les écoles de la référente REP+ chargé de la lisaison premier/second degré. Ses missions au collège Dideront ne doivent pas se faire au détriment des écoles du quartier.


Les réponses du DASEN :

… un déficit de parentalité.
Le DASEN explique les difficultés rencontrées par les écoles de Planoise par un déficit de parentalité. Pour lui, on ne peut pas tenir l’Ecole pour responsable, ni lui demander de « réparer » les comportements des élèves. Il estime que les leviers d’action doivent être cherchés. Il ajoute que l’Ecole n’a pas pour mission d’éduquer les parents.
Les faits rapportés par les enseignants exigent, selon lui, des réponses d’autres acteurs que l’Ecole (ville, département, justice).

… il faut mieux cerner les problèmes.
Le DASEN nous annonce que, suite à un entretien avec la procureur de la République, il envisage la tenue d’un groupe de travail portant notamment sur l’absentéisme élevé et les départs précoces de certains élèves avant les congés d’été. Ce groupe de travail réunirait : les services de l’Education Nationale, des représentants des écoles, de la Justice, de la police et du département. L’objectif serait de mieux cerner les problèmes.

… des éducateurs de quartier dans les écoles.
Le DASEN évoque des expériences en cours, ailleurs en France, où des éducateurs de prévention sont présents dans certaines écoles. Il se dit prêt à envisager ce type de partenariat.

… des moyens supplémentaires ne changeraient pas les problématiques. Pour le DASEN, même avec plus de moyens et 3 ou 4 élèves par classe en moins, les problèmes que nous soulevons demeureraient. Néanmoins, il n’exclue pas d’inventer des dispositifs au sein des écoles. Il invite les enseignants à formuler des propositions pour construire des dispositifs qui pourraient bénéficier d’éventuels moyens devenus disponible en juin prochain.

« Désolé pour vous ! »
Après nous avoir invité à formuler des propositions, le DASEN nous a indiqué que le projet de carte scolaire était très engagée. Il s’est dit désolé. Pour lui, présentées à cette période de l’année, les demandes de dispositifs spécifiques ont peu de chances d’aboutir.

Intervention de l’EMS (équipe mobile de sécurité)
L’IEN de la circonscription Besançon 1 annonce la participation, jeudi 30 mars, de l’EMS académique à la réunion des directeurs des écoles de Planoise. Très peu de précisions sont données sur la composition de cette équipe ( un adjoint de gendarmerie, 6 personnes au total dirigées par M. Vercet, ancien membre du ministère de l’Intérieur).

Concernant les RASED et le poste de référent REP+
Le DASEN annonce le maintien de la répartition actuelle des postes de RASED. Il confirme le départ en formation de 5 enseignants pour le département à la rentrée 2017 pour l’obtention du nouveau diplôme CAPPEI « enseigner en RASED » qui permettra selon lui, à ses titulaires, d’occuper à titre définitif un poste ayant les même missions que les maîtres G aujourd’hui.

Quand au poste de référent REP+ laissé vacant en cours d’année, le DASEN ne semble pas comprendre notre colère de voir ce moyen inutilisé. Il se contente de nous répéter qu’aucun candidat n’a postulé sur l’appel à candidature qui avait été lancé au premier trimestre de l’année scolaire.

Sur la situation des écoles du « secteur Fourier »
Le DASEN récuse tout mépris à l’égard des écoles du secteur Fourier. Il énumère la liste des mesures prises en faveur de ces écoles qui constitue pour lui une manière de les assimiler au réseau REP+.
La délégation rappelle au DASEN les limites de ces mesures ( moins de RASED, moins de maîtres +, pas de journées de formation/concertaton pour les enseignants, pas de prime ) et les propos de la ministre qui reconnaissaient la situation des « écoles orphelines » en France. Le ministère ayant refusé l’intégration des écoles du secteur Fourier au REP+, le DASEN n’indique n’avoir pas d’avis public sur la question.

Mardi 28 mars pendant l’audience avec le DASEN Mardi 28 mars pendant l’audience avec le DASEN Jeudi 30mars : lors de la réunion de travail Recteur/Mairie/Directeurs-trices des écoles de tout-Planoise !

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