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Direction/fonctionnement de l’école : comment faire ?

vendredi 15 novembre 2019

Un constat s’impose : en l’état, ce n’est plus possible !

- Ni dans les très grandes écoles où la directrice/le directeur, complètement déchargé.e, se trouve seule pour gérer les tâches administratives là où dans un collège de la même taille, elles seraient partagées entre le/la principal.e, un.e adjointe, un secrétariat, un.e CPE, des AESH assistant.es d’éducation (ex surveillant.es)...

- Ni dans les écoles moyennes où la directrice/le directeur gère également seul.e avec un temps de décharge hebdomadaire notoirement insuffisant.

- Ni dans les petites écoles (1, 2 ou 3 classes) où aucune décharge hebdomadaire n’est prévue pour les missions de direction, comme si celles-ci ne nécessitaient pas de temps du tout ! Quelques journées annuelles ont été généreusement octroyées ces dernières années ; encore faut-il qu’elles ne passent pas “à la trappe” faute de remplaçant.es ! Et pour qu’elles soient utiles, il est nécessaire qu’elles puissent être planifiées à l’avance à des moments choisis par la directrice/le directeur et non imposées par l’administration en fonction de la disponibilité des remplaçant.es...

Alors comment faire ?

Peut-être déjà : comment surtout NE PAS faire ? Car la réponse du Ministre est connue et celle de la députée Cécile Rilhac aussi.

La version JM Blanquer a été largement controversée l’année dernière lorsque qu’il avait inscrit dans son projet de loi la fusion des écoles et des collègues au sein d’EPSF avec une mise sous tutelle : les écoles allaient être dirigées par le/la principal.e du collège (avec création d’un poste de chef.fe d’établissement adjoint.e dans le collège pour gérer les écoles). Le Ministre a dû se rendre à l’évidence et retirer cette proposition absurde de son projet de loi.

Mais la députée Cécile Rilhac, à l’origine de l’idée des EPSF, revient à la charge suite au suicide de Christine Renon avec une autre forme de supériorité hiérarchique. Elle évoque "la possibilité au ministre de créer une nouvelle fonction (chef d’établissement du premier degré) pour « bien encadrer les missions du directeur d’école et avoir une revalorisation indemnitaire beaucoup plus importante par un système de primes ». Ces futurs chefs d’établissement pourraient ne faire que « piloter l’école primaire » à partir d’un certain seuil (12 classes ?)”. Selon elle, ce serait la réponse adaptée à la crise des directions d’écoles.

Un statut pour les directrice.teurs, est-ce réellement LA réponse ?

Par rapport à la proposition de C. Rilhac, une école à 12 classes aurait une direction “avec statut” et une école à 11 classes fonctionnerait comme aujourd’hui. Par le jeu de la carte scolaire, des écoles pourraient alterner d’année en année entre les deux fonctionnements. La.le directrice.teur se verrait supprimer puis ré-ouvrir son poste ? Supprimer son statut ? Son indemnité ? La tentation serait grande pour l’administration de fusionner des écoles pour créer des établissements de plus de 12 classes (disparition des écoles maternelles au passage). Nous en reviendrons aux obstacles exprimés l’an dernier au moment des discussions sur les EPSF : dans une école sans directrice ou directeur sur site, qui gèrerait leurs innombrables tâches du quotidien ?

Dans son courrier, Christine Renon évoque une grande solitude. Pouvons-nous imaginer qu’un statut aurait évité à notre collègue cet immense malaise ressenti dans son travail ? Qui dit statut dit certes reconnaissance financière (mais il est d’ores et déjà question de prime et non d’incidence sur la salaire !) mais aussi renforcement de la position administrative des directrices et directeurs, éloignement des adjoint.es (solitude !) et instauration de relations managériales au sein des équipes. Le tout sans répondre aux difficultés posées.

Pour le SNUipp-FSU, la reconnaissance d’un rôle spécifique pour les missions de direction d’école est indispensable mais ne peut se traduire par un statut hiérarchique qui ne soulagerait pas le directeur ou la directrice dans ses tâches et l’isolerait au sein des équipes. Les équipes ont besoin de temps pour penser ensemble le fonctionnement de l’école et réfléchir collectivement aux problèmes rencontrés. Les directrice.teurs ont besoin d’être aidé.es pour la gestion des tâches administratives (qui doivent être allégées !) et d’une décharge hebdomadaire significative en plus d’une formation continue jusqu’alors inexistante.

Le SNUipp-FSU proposera prochainement une réunion d’info syndicale spécifique sur la direction et le fonctionnement de l’école afin d’envisager des perspectives d’actions...

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