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Les attentes des organisations syndicales FSU, Se-UNSA et Sgen-CFDT du Doubs concernant la carte scolaire 2020 des écoles du département

dimanche 12 avril 2020

Monsieur l’Inspecteur d’Académie,

La crise sanitaire en cours impacte fortement l’élaboration de la carte scolaire du premier degré pour la rentrée 2020. La dotation supplémentaire décidée en urgence par le Ministre de l’Education Nationale pour permettre d’éviter certaines fermetures de classes en milieu rural peut répondre en partie aux difficultés de certains élèves.

Il nous semble cependant que le critère de la ruralité est insuffisant pour cibler les écoles qui prendront en charge le plus d’élèves en difficultés à la rentrée prochaine après une année scolaire incomplète. En plus de certaines zones rurales, ce sont les quartiers dits défavorisés, souvent en milieu urbain, qui concentreront le plus d’élèves en difficultés au sortir du confinement. Nous attirons donc votre attention sur la nécessité de soutenir l’ensemble des écoles dont le public accueilli présente déjà des fragilités en période “ordinaire”. Une augmentation des violences familiales est constatée et un risque élevé de creusement des inégalités scolaires existe. La carte scolaire 2020 doit être une réponse aux défis éducatifs et pédagogiques que le service public d’éducation devra relever dans les mois qui viennent.

Nous souhaitons donc porter à votre connaissance les mesures que nous jugeons prioritaires pour répondre à ces défis :

• Abaissement des seuils réglementaires d’ouverture de classe en école maternelle au niveau de ceux des écoles élémentaires.
22 en éducation prioritaire, 25 pour les écoles bénéficiant des seuils intermédiaires et 27 pour l’ensemble des autres écoles. Cette mesure représenterait une avancée pour l’ensemble des écoles maternelles et prendrait en compte les besoins spécifiques déjà reconnus aujourd’hui par les différents seuils mis en place par votre administration. Elle éviterait les iniquités de traitement induites par la mise en oeuvre, telle qu’elle a été soumise au groupe de travail du 7 avril, des mesures de “dédoublements” dans certaines classes de grande section en éducation prioritaire (et pas dans d’autres) et de tentative de limitation des classes de grande section à 24 élèves dans les autres écoles.

• Maintien des 15 postes de PDMQDC
Ces postes, répartis géographiquement dans tout le département, sont tous implantés dans des secteurs où de nombreux élèves présentent des difficultés importantes. A ce titre, l’esprit de la dotation supplémentaire, justifiée par le ministère pour renforcer le service public d’Education dans la perspective du “jour d’après” la pandémie de Covid-19, nous semble imposer, a minima, de ne pas dégrader les conditions d’apprentissage des élèves les plus fragiles.

• Augmentation des temps de décharge pour la direction et le fonctionnement des écoles, particulièrement pour les 128 écoles de notre département qui ne bénéficient toujours pas effectivement d’une journée de décharge hebdomadaire.
8 mois après le suicide de notre collègue Christine Renon, un consensus existe au sein de la profession. Les conclusions d’une enquête ministérielle l’ont confirmé : les écoles ont avant tout besoin de temps pour leur direction et le nécessaire travail en équipe ! Nous demandons que soient octroyées le plus possible de décharges de directions hebdomadaires.

• Augmentation du nombre de postes de remplaçants
Cette année a encore montré l’ampleur des besoins : une cinquantaine de classes par jour dans le Doubs n’avait pas d’enseignant en février 2020. De plus, nous pouvons craindre que la crise sanitaire que nous traversons aujourd’hui n’épargnera pas les enseignantes et les enseignants dans les mois qui viennent.

• Augmentation du nombre de postes d’enseignants spécialisés pour l’aide aux élèves en difficultés
Le constat partagé entre représentants des personnels et membres de l’administration sur l’amplification des difficultés de comportement repérées en maternelle impose le renforcement des moyens d’action et de prévention des RASED autant en terme d’aide à dominante relationnelle que pédagogique.

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