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Carte scolaire 2020 : les mesures et le compte-rendu du CTSD du mardi 14 avril

mardi 14 avril 2020

Une carte scolaire inéquitable pour... ne pas fâcher les maires !
Vote unanime en contre des organisations syndicales !

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Déclaration préalable de la FSU du Doubs
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Les mesures présentées au CTSD du mardi 14 avril

Suppression brutale des 15 postes de Plus de Maîtres que de classes !

Alors qu’il a été interpellé par des courriers d’élus, de parents, de collègues et d’équipes enseignantes provenant de 7 écoles (aux Premiers Sapins : Athose/Chasnans/Hautepierre le Châtelet/Nods/Rantechaux/Vanclans, à Vercel, Brossolette, Ile de France et Fourier à Besançon, Joliot Curie et Cordier à Pontarlier ), l’IA répond que “ce choix s’inscrit dans la mise en place d’une politique nationale et académique” et qu’avec les dédoublements en éducation prioritaire et la limitation à 24 élèves des classes de GS, les postes de PDM n’ont “plus lieu d’être” et a préféré fermer tous ces postes plutôt que de choisir lesquels il déciderait de conserver. Nous dénonçons la suppression de ces postes qui sont implantés sur l’ensemble du département (secteur rural, Quartier Politique de la Ville, Education prioritaire, …) et répondent à des besoins des élèves et des écoles. L’Inspecteur d’Académie décide de supprimer ces postes sans qu’aucun bilan de leur action n’ait été réalisé et alors qu’ils sont plébiscités par les équipes. Celles-ci mettent en évidence un lien entre la présence de ce dispositif et l’amélioration des conditions d’apprentissage et des résultats chez les élèves ayant pu en bénéficier. La dotation supplémentaire, justifiée par le ministère pour renforcer le service public d’Education dans la perspective du “jour d’après” la pandémie de Covid-19, aurait pu permettre le maintien de ces postes et ainsi, ne pas dégrader les conditions d’apprentissage des élèves les plus fragiles.

Pas un remplaçant de plus !

Malgré un besoin criant de remplaçants sur le département, l’Inspecteur d’Académie choisit de ne consacrer aucun moyen pour créer des postes remplaçants. Pour rappel, une cinquantaine de classes par jour dans le Doubs n’avait pas d’enseignant en février 2020…Les besoins seront-ils moindres après le confinement ?

Pas de poste de RASED supplémentaire et poursuite de la disparition des maîtres G

L’inspecteur d’Académie, comme son prédécesseur l’avait fait lors des opérations de carte scolaire en 2017 et 2018, continue de prononcer la transformation de postes G en postes E à l’occasion du départ en retraite de nos collègues. 3 sont prévues cette année : ces mesures correspondent au “tout pédagogique” prôné par JM Blanquer mais nient les difficultés dans le domaine relationnel de nombreux élèves dans de nombreuses écoles. Pour la FSU, supprimer ces supports pour les substituer à des postes E revient à programmer la disparition des maîtres G : combien en reste-t-il dans notre département ?! L’administration avait pourtant reconnu, lors du GT ASH, le besoin criant de ces maîtres spécialisés pour participer à la prise en charge des élèves qui déstabilisent les écoles, d’autre part la nécessité d’actions de prévention dès la maternelle pour faire face à ces difficultés : ce travail faisait partie intégrante des missions des rééducateurs et leur action manque cruellement dans les écoles. La FSU revendique de nouveaux départs en formation pour cette spécialité et le maintien de des postes existants en 2019.

Direction d’école : aucune amélioration !

Alors qu’un consensus existe au sein de la profession et que les conclusions d’une enquête ministérielle l’ont confirmé : les écoles ont avant tout besoin de temps pour leur direction et le nécessaire travail en équipe ! Pourtant, aucun moyen supplémentaire n’est alloué pour les décharges de direction ! A la rentrée, encore un tiers des écoles n’auront pas de temps hebdomadaire dédié à la direction (soit 126 écoles)... Les écoles accueillant des dispositifs particuliers comme une CLEX ne connaîtront pas non plus une augmentation de leur temps de direction malgré la demande du SNUipp-FSU.

Mesures spectaculaires ou équité sur le territoire : l’Inspecteur d’Académie a choisi !

En 2020, le Père Noël passera en septembre… mais pas dans toutes les communes !

S’appuyant sur le cadre rappelé par le Recteur de Besançon le 8 avril dernier, l’ensemble des organisations syndicales avaient écrit à l’Inspecteur d’Académie pour l’alerter sur les irrégularités contenues dans le projet de carte scolaire présenté mardi 7 avril. Toutes les communes de moins de 5 000 habitants ne peuvent prétendre à la mesure annoncée par JM Blanquer. Seuls les maires des communes situées en dehors d’une agglomération ou d’un bassin de plus de 10 000 emplois peuvent s’opposer à un projet de fermeture de classe. L’Inspecteur d’Académie a maintenu son projet en l’état, expliquant qu’il aurait été “délicat” d’expliquer à un ou une maire (par ailleurs futur électeur aux prochaines sénatoriales) qu’une classe allait finalement fermer après lui avoir dit le contraire…

Une autre répartition était pourtant possible ...

Cet entêtement a empêché la construction d’une carte scolaire équitable sur l’ensemble du département, respectant les règles fixées et comprises par l’ensemble des personnels et usagers de l’école . Ainsi, une quinzaine d’écoles du Doubs font l’objet d’une bienveillance rarement constatée alors qu’elles appartiennent aux agglomérations de Besançon et de Montbéliard et que leurs effectifs moyens seraient restés sous les seuils réglementaires après la fermeture d’une de leurs classes. Si la FSU se réjouit que certaines écoles du Doubs connaissent des effectifs moyens de 17 à 20 élèves par classe, elle regrette que cette amélioration se fasse au détriment d’une baisse généralisée des seuils qui, pour l’ensemble du département, restent à 30 en maternelle et 27 en élémentaire. L’affichage de ces améliorations spectaculaires a un prix pour notre département : une cinquantaine d’écoles devront encore attendre et voir leur effectifs rester au-dessus de 25 élèves par classe. Alors que les moyens mis à disposition auraient permis d’abaisser les seuils pour toutes et tous en alignant notamment les seuils fixés en maternelle (25 en éducation prioritaire, 28 pour les seuils intermédiaires et 30 ailleurs) vers ceux des écoles élémentaires (22 en éducation prioritaire, 25 pour les seuils intermédiaires et 27 ailleurs). Evolution légitime depuis cette rentrée où ces écoles, trop souvent déconsidérées ont intégré le parcours de scolarité obligatoire de l’ensemble des élèves avec l’abaissement à 3 ans de l’âge d’instruction obligatoire.

Limitation des classes de Grande section à 24 : oui … mais souvent au détriment des autres classes de l’école !

Dans l’état actuel du projet de carte, les mesures concernant les grandes sections entraînent parfois des augmentations du nombre d’élèves dans les autres niveaux de classes des écoles concernées. C’est le cas lorsque la mesure est imposée sans apport de moyen, les équipes devant compenser la limitation des effectifs de grande section par une hausse de ceux des autres niveaux. Ces mesures rompent l’équité de traitement entre les écoles puisqu’elles ne sont pas appliquées partout sans que des critères ne puissent être clairement identifiés ni justifiés.

Dédoublements des classes de Grande Section ici ou là ?

Contrairement à la mise en place des classes de CP et CE1 à 12 élèves dans les écoles élémentaires, le soi-disant “dédoublement” des GS en éducation prioritaire est mis en oeuvre d’une façon très injuste dans notre département. Certaines écoles maternelles bénéficieront d’un taux d’encadrement extrêmement favorable (18, 17, 16 et même 15,5 élèves par classe en moyenne dans certaines écoles). Cela leur permettra de faire des classes de Grande Section à 12 élèves par enseignant.e sans augmenter les effectifs en Petite et Moyenne Section. Par ailleurs, au sein parfois du même réseau d’éducation prioritaire, d’autres écoles se verront demander par leur IEN de limiter “autant que possible” les effectifs des classes de Grande Section, sans les moyens suffisants. Ainsi, ce que JM Blanquer appelle “classes dédoublées” couvrirait des situations extrêmement différentes et injustes selon les écoles. Certaines de ces classes n’accueilleront pas plus de 10 élèves pendant que d’autres pourraient en compter jusqu’à 21 s’il ne font pas le choix de cours doubles ; s’éloignant ainsi de l’esprit de cette mesure ! Un vote unanime en contre des organisations syndicales ! La FSU et l’ensemble des organisations syndicales représentées au CTSD ont voté contre le projet de carte scolaire présenté. A la demande de ces mêmes organisations ainsi que des fédérations de parents représentées au CDEN, celui-ci, prévu aujourd’hui même a été reporté au vendredi 17 avril à 15h30.

Confinés… mais déterminés à lutter !

La pandémie en cours nous interdit de manifester dans la rue mais les raisons ne manquent pas ! PDM, remplacement, RASED, effectifs, décharge de direction : le SNUipp-FSU portera dans les prochaines semaines la parole des collègues qui s’expriment pour dénoncer les conséquences du projet de carte scolaire 2020.
N’hésitez pas à nous contacter 7 jours sur 7, de 8h30 à 18h au 03 81 81 20 84 et par mail : snu25@snuipp.fr

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