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Retour en classe le 11 mai : comment est-ce possible ? Informations mises à jour au 30 avril

mardi 21 avril 2020

jeudi 30 avril

Compte-rendu de l’entretien entre les représentant.es des organisations syndicales et le DASEN du Doubs jeudi 30 avril sur les conditions de la réouverture des écoles

Le SNUipp-FSU du Doubs avait fait parvenir au DASEN lundi une liste de 12 questions dont les réponses sont indispensables pour pouvoir envisager une réouverture des écoles et une liste de 12 conditions absolument nécessaires à une réouverture.

Suite à cela et à la confirmation de l’intention de réouverture le 11 mai par le Premier Ministre, le DASEN a proposé une rencontre aux organisations syndicales cet après-midi, jeudi 30 avril.

Sur beaucoup de questions, le DASEN n’était pas encore en capacité de répondre car les réglementations ministérielles n’étaient pas parues. Impossible donc aujourd’hui de savoir si les conditions nécessaires pourront être remplies... dans l’attente, pour le SNUipp-FSU : le 11 mai, c’est non !

Compte rendu des échanges :

- Dans l’académie de Besançon, la pré-rentrée des enseignant.es durera deux jours : lundi 11 et mardi 12. Les premiers élèves arriveront le jeudi 14. Les représentant.es du SNUipp 25 avaient indiqué au Recteur qu’un jour était insuffisant et celui-ci en avait convenu.

- Seuls les élèves de GS/CP et CM2 reprendront le 14 (sauf pour les enfants de soignant.es qui doivent être accueillis ).

La question se pose de faire reprendre les autres niveaux pour 2 jours le 18 avant le pont de l’Ascension ou seulement le 25 mai, ce qui permettrait d’avoir 2 jours supplémentaires pour prévoir l’accueil des élèves des autres niveaux.

Les représentant.es du SNUipp-FSU indiquent que le 14 mai est déjà trop précoce : dans la plupart des communes, la réflexion n’est pas encore commencée et les choses ne pourront pas être organisées pour le 14, donc a fortiori le 16 non plus pour les autres niveaux que GS/CP/CM2.

- Les représentant.es du SNUipp-FSU demandent que les équipes aient le temps de se concerter à partir du 4 mai avant les réunions de directeurs avec les IEN. Ils sont aussi favorables à l’idée que des conseils d’écoles puissent se tenir avant le retour des élèves afin de réunir tous les partenaires pour étudier les possibilités propres à chaque école.

La ville de Besançon envisagerait une reprise des 3 niveaux GS/CP/CM2 seulement jusqu’à une nouvelle réflexion fin mai.

- Le protocole définissant les dispositions d’ordre sanitaire devrait être diffusé sous peu.

Le DASEN indique que la version diffusée par la presse n’était qu’un document officieux : la version définitive pourrait donner lieu à des ajustements.

Dans celle qui circule actuellement, il est indiqué qu’il “convient à chaque établissement d’évaluer sa capacité d’accueil”.

Pour le SNUipp-FSU, le concept de souplesse affiché par le gouvernement doit permettre à chaque équipe de définir des limites inférieures aux seuils maximum édictés par le ministre. La référence ministérielle de salle ayant une superficie de 50 m² ne correspond pas à la réalité souvent plutôt proche de 35 à 40 m². Les possibilités de circulation entre les différents espaces, le nombre d’équipements sanitaires et la surface des espaces communs intérieurs et extérieurs doivent aussi être pris en compte.

- Les représentant.es du SNUipp-FSU remettent fermement en cause l’effectif de 15 par classe envisagé par le Ministère. Cela n’est clairement pas entendable, ni en maternelle ni en élémentaire. Un effectif maximum de 10 personnes (adulte(s) compris) par classe élémentaire et 5 élèves maximum en maternelle correspond à ce que nos collègues imaginent en terme de capacité maximum compte tenu des nombreuses contraintes.

Le DASEN répond que cela ne pourra pas être une norme départementale écrite mais qu’il n’imagine pas s’opposer à un directeur qui indiquerait que dans son école, ce serait maximum 10 en élémentaire et 5 en maternelle afin de garantir la sécurité.

- Les représentant.es des personnels réagissent par rapport à la responsabilité des équipes et des directeurs, largement engagée. Pour le SNUipp-FSU, il est indispensable que le hiérarchie produise des documents permettant de garantir la sécurité des directeurs du point de vue juridique : hors de question de pouvoir être attaqué en justice par des parents parce qu’un enfant n’aura pas été accueilli faute de place (même si c’est l’équipe qui a défini le maximum de 10 élèves par classe). Hors de question aussi de pouvoir être poursuivi parce qu’un élève malade dans l’école en aura contaminé d’autres ! De telles garanties écrites sont fondamentales. Le DASEN dit espérer et penser que cela sera inscrit dans le cadre réglementaire qui n’a pas encore été communiqué.

- Cet entretien a été l’occasion pour le SNUipp-FSU de rappeler les résultats de l’enquête du ministère lui-même sur la direction et le fonctionnement des écoles. Cette enquête a permis de confirmer le besoin exprimé par une très large majorité des collègues d’une augmentation conséquente des temps de décharges hebdomadaires accordés aux enseignant.es chargés de la direction d’une école. Contrairement aux positionnements d’autres organisations syndicales favorables à la création d’un statut hiérarchique, pour le SNUipp-FSU c’est de temps dont nos équipes ont besoin pour fonctionner. La crise sanitaire et pédagogique en cours renforce ce besoin. Le SNUipp-FSU a demandé au DASEN de saisir toutes les occasions qui se présenteront à lui dans les prochains mois pour permettre aux collègues assumant des directions d’école de disposer de temps supplémentaire pour le bon fonctionnement des équipes.

- Pas encore de cadre réglementaire non plus pour une question d’une importance capitale : qui DEVRA être présent dans les écoles ? Quelle sera l’obligation ? Personnels à santé fragile ? Personnels parents de jeunes enfants ? Personnels angoissés à l’idée de retourner à l’école ?... Le DASEN ne sait pas aujourd’hui si le travail (en classe) sera obligatoire ou sous conditions. Le SNUipp FSU demande au DASEN de relayer la demande que le Covid 19 soit reconnu comme maladie professionnelle. Là aussi, il pense que la cadre réglementaire permettra de prendre en compte ces situations.

- Les enfants d’enseignant.es devraient a priori faire partie des enfants prioritaires au même titre que les enfants de soignant.es pour être accueillis à l’école.

- Un questionnaire sera adressé dans les prochains jours par les IEN aux directeurs.trices par voie électronique, lesquels.les seront chargé.es de le communiquer aux familles pour connaître leur intention de “rescolariser physiquement” leur enfant.

Ce questionnaire devrait aussi permettre de recueillir les besoins des parents en terme de transport scolaire, de restauration le midi et de prise en charge péri-scolaire. Les réponses seraient traitées par la DSI (Direction des Systèmes d’Information).

Pour le SNUipp-FSU, cette enquête ne devrait permettre d’exprimer qu’un souhait puisque les capacités d’accueil des écoles seront limitées à la fois par la mise en oeuvre des mesures de prévention (limitation des effectifs, quantité de matériel d’hygiène) et par le nombre d’enseignants en capacité d’enseigner en présentiel. Les réponses sont attendues par l’administration pour le jeudi 7 mai. Ce questionnaire serait valable pour la période allant jusqu’à fin mai et selon les résultats du bilan sanitaire que communiquera le gouvernement, un second questionnaire serait transmis aux familles pour la période suivante.

- Des livraisons de masques réutilisables étaient prévues pour les 5 et 7 mai. Pour l’instant une livraison de masques médicaux a été réceptionnée par la DSDEN du Doubs. Ces masques seront mis à disposition de enseignantes et enseignants uniquement (seuls les élèves présentant des symptômes en seront équipés jusqu’à ce que leurs parents viennent les récupérer).

- Les représentant.es du SNUipp-FSU demandent au DASEN de garantir qu’il ne demandera pas aux enseignant.es d’assurer leur travail en présentiel ET à distance.

Pour le DASEN, cela relève du bon sens. Les représentant.es du SNUipp-FSU soumettent à sa réflexion la proposition de certains collègues qui souhaitent s’organiser avec un mi-temps en classe et un mi-temps à distance (par demi-journées ou par journées) afin de permettre la poursuite du lien établi avec leurs élèves qui ne fréquenteront pas l’école. Le DASEN n’exprime pas d’opposition a priori à cette proposition. Pour le SNUipp-FSU, chaque équipe d’école est légitime à proposer l’organisation qui correspondra le mieux aux caractéristiques de l’école et aux possibilités des enseignant.es qui y travaillent.

- Le DASEN nous informe que les familles qui souhaiteront ne pas scolariser leurs enfants pourraient peut-être bénéficier de l’enseignement à distance, par le CNED mais sans autre précision pour l’instant.

- Un échange du même type entre l’administration et les organisations syndicales représentatives du département sera renouvelé la semaine prochaine. Il permettra entre autres de relayer toute question, toute difficulté rencontrées par les équipes à notre hiérarchie.

dimanche 26 avril

12 questions en attente de réponses

Depuis l’annonce de la réouverture des écoles, la liste de vos questions auxquelles notre administration doit apporter des réponses avant de pouvoir envisager cette réouverture n’a fait que s’allonger. Le SNUipp-FSU 25 les a collectées.

- Quelle prise en considération et quelle démarche pour les enseignant.es qui ne pourront pas aller en classe (état de santé personnel fragile ou celui d’un proche, enseignant.es les plus âgé.es, enseignant.es trop angoissé.es par la situation pour envisager un retour à l’école) ?

- Qui prendra en charge leurs élèves ?

- Quelle prise en compte de la situation des enseignant.es eux.elles-mêmes parents d’enfants de moins de 16 ans ?

- Quelles modalités pour limiter le nombre d’élèves par enseignant.e ?

- Quelle responsabilité des enseignant.es et des directrices et directeurs par rapport à l’accueil des élèves en matière de santé ?

- Qu’en est-il de la reprise pour les élèves en situation de handicap dans les écoles ou en établissement spécialisé ?

- Quelle solution pour un élève en situation de handicap si l’AESH n’est pas présent.e ?

- Quelles modalités pour la prise en charge des enfants de soignant.es scolarisés dans les niveaux de classes non accueillis entre le 11 et le 25 mai ? Comment faire respecter aux élèves les gestes barrières dans une classe, en récréation, à la cantine ?

- Quelle organisation envisager pour éviter les attroupements aux abords des écoles et dans les couloirs des écoles maternelles ?

- Masques de protection : pour qui ? Est-il possible de faire porter des masques à des enfants ? Si oui à partir de quel âge ?

- Comment la continuité du lien avec l’école pour les élèves des enseignants travaillant en présentiel pourra-t-elle être assurée ?

Conditions pour réouvrir les écoles

Pour le SNUipp-FSU du Doubs, la réouverture des écoles, quelle que soit sa date, est conditionnée au respect des mesures suivantes pour ne mettre en danger ni les élèves, ni les enseignants, comme l’ensemble de la société.

Il demande :

- la garantie d’une dotation suffisante en matériel de protection (masques, gel hydroalcoolique) et d’au moins un thermomètre par école (selon la taille des écoles).

- la vérification du nombre de points d’eau et de poubelles adaptées dans les écoles, la présence de savon et d’essuie-mains jetables.

- la désinfection régulière des salles, du mobilier et du matériel utilisé quotidiennement,

- la possibilité de tester les personnels et les élèves symptomatiques ou à risque

- la limitation des effectifs en-dessous des 15 élèves/classe annoncés par le Ministre. Cela ne semble pas adapté pour les écoles. Un effectif maximum de 8-10 en CE-CM, 5 pour les GS et CP et une réflexion sur la pertinence de faire effectivement venir dans les écoles les plus jeunes encore incapables de suffisamment de contrôle pour respecter le moindre geste barrière est demandée.

- une information claire et précise avant toute reprise sur la mise en oeuvre des mesures de prévention et d’hygiène, sur les obligations sanitaires et les droits des personnels.

- la mise en place de cellules de soutien psychologique pour tou.tes les agent.es et les élèves qui en auront besoin. Le traumatisme de la population auquel le pays devra faire face (maladie, décès, violences conjugales et familiales…) doit en effet être anticipé.

- une pré-rentrée d’une durée suffisante pour que l’accueil des élèves ne se passe pas dans des conditions d’insécurité ni d’angoisse exacerbée par l’impréparation. Une journée ne semble pas suffisante.

- une clarification du Ministère par rapport aux contenus pédagogiques : le confinement n’a pas pu être l’occasion de nouveaux apprentissages et la période de semi-scolarisation à venir ne pourra l’être davantage puisque l’ensemble des élèves ne sera pas présent dans les classes.

- une clarification par rapport aux missions : les enseignant.es présent.es en classe ne pourront doubler leur journée de travail en assurant par télétravail la poursuite des activités avec les élèves non présent.es.

- la garantie que le Covid-19 soit reconnu maladie imputable au service.

Conclusion

Suite aux conclusions du conseil scientifique publiées hier et au regard de la complexité que représente l’ouverture des écoles compte tenu de l’état de propagation de la maladie dans notre département, le SNUipp-FSU du Doubs questionne la possibilité d’une réouverture des écoles dès le 11 mai.

A quoi sert de s’entourer d’un comité scientifique si son avis n’est pas pris en compte et que c’est une décision politique qui prévaut ? Sur quelle autre autorité médicale s’appuie donc cette décision politique ?

Notre syndicat prendra dans les jours à venir toute sa place dans les discussions avec l’administration pour faire valoir la sécurité et les conditions de travail des enseignant.es et d’accueil des élèves. La liste des 12 questions et celle des conditions à remplir (ci-dessus) seront communiquées de façon imminente à MM. le Recteur et le DASEN.

Par ailleurs, si la question la plus urgente semble aujourd’hui celle de la gestion concrète de la réouverture des écoles, le SNUipp-FSU se mobilise également sur la suite, "le jour d’après" et les dispositions à prendre pour l’école et la société suite à cette crise.

En particulier, une analyse des conséquences sur les élèves des milieux les plus éloignés de la culture scolaire devra donner lieu à des mesures exceptionnelles.

jeudi 23 avril

Réouverture progressive des écoles ? Besoin de garanties !

L’annonce d’un déconfinement devrait nous ouvrir des perspectives positives et réjouissantes. Or, pour beaucoup de collègues, mais aussi de collectivités et de familles, cela génère angoisse et stress.

Les enseignant.es et AESH sont tiraillé.es entre le souhait de retourner en classe, de retrouver collègues, élèves (ou au moins une partie, notamment ceux qui ont pris, en cette période de confinement, de la distance avec l’école) et la protection de leur santé et de celle de leurs proches parfois « fragiles ».

La sécurité sanitaire doit être un préalable à toute rentrée des personnels et des élèves. Pour le SNUipp-FSU, si toutes les conditions ne sont pas réunies, le déconfinement ne pourra être mis en oeuvre.

La décision de réouverture des écoles et les conditions de celle-ci doivent être garanties par la validation du comité scientifique. Elles ne peuvent l’être par des annonces gouvernementales précipitées et parfois incohérentes. Tant qu’il n’y avait pas de masques, on nous disait qu’il n’y en avait pas besoin et lorsqu’il y a besoin de relancer l’économie et donc rouvrir les écoles, on nous dit que finalement, les enfants ne sont plus vecteurs du virus ! Comment accorder notre confiance à ce ministère qui nous mène en bateau ?

L’article publié dans LE MONDE jeudi fait état d’un fonctionnement qui ne peut que légitimer notre manque de confiance !

Extrait :

Edouard Philippe avait pourtant demandé, le 19 avril, à son ministre [Blanquer] de « travailler sur des hypothèses » ou « des scénarios » de réouverture des écoles ; il comptait présenter lui-même les options retenues, fin avril-début mai, en même temps que le « plan complet » du déconfinement. « C’est un énorme pataquès, souffle une source gouvernementale. Blanquer a fait ses annonces alors que les arbitrages n’avaient pas été validés avec Matignon et qu’on lui avait demandé de ne pas communiquer sur ce sujet. »

Les propos du Ministre de ce mardi 21 avril...

Le Ministre JM Blanquer s’est exprimé ce matin et a confirmé l’hypothèse d’une reprise progressive.

Les élèves de grande section, de CP et de CM2 reprendraient à partir du 12 mai (après une pré-rentrée des enseignants le lundi 11 mai), les 6èmes, 3èmes, 1ères et terminales à partir du 18 mai et les autres classes le 25 mai.

On travaillerait par petits groupes ; le plafond pourrait être différent entre le primaire et le secondaire mais n’excèderait pas 15 élèves.

Toutes les classes de moins de 15 élèves pourraient rentrer dès la première semaine (par exemple les CP et CE1 de REP+ ou des classes en milieu rural). Les élèves pourraient dès lors se trouver dans 4 situations possibles :

- Etre en demi-groupe en présence

- Etre à distance

- Etre à l’étude si la configuration de l’établissement le permet (concerne le second degré)

- Le ministère proposera de manière facultative mais à toutes les communes d’avoir des activités sportives à côté des établissements (dans des gymnases, dans des parcs si le temps le permet) ; dispositif sport/santé/civisme/culture tel que nous le connaissons actuellement.

“Les professeurs seront au travail soit dans les écoles ou établissements soit pour ceux qui ont une vulnérabilité de santé ou une personne vulnérable à la maison, ils resteront chez eux et pourront être en télétravail avec des modalités d’enseignement à distance qui seront précisées.”

“Concernant l’aspect pédagogique, le but n’est pas de boucler les programmes à tout prix, ce serait un but artificiel, mais de faire le point sur là où en est chaque élève et comment on le consolide dans ses apprentissages notamment pour qu’il puisse bien réussir l’année suivante.”

Les indications concernant l’aspect sanitaire restent encore bien floues ! Le Ministre parle de protocole sanitaire dont la mise en oeuvre conditionnerait la ré-ouverture des établissements. Dans ce protocole : la taille des groupes, les gestes barrières, le savon, le gel hydroalcoolique et la présence de points d’eau. Les masques en revanche n’en font pas partie et le propos sur ce sujet est bien confus ! Quand à la question des tests, elle n’est même pas abordée par le Ministre.

Suite à cette intervention, la majorité de nos questions demeure ! Les exigences exprimées par le SNUipp-FSU sont toujours d’actualité.

-  « A partir du 11 mai, nous rouvrirons progressivement les crèches, les écoles, les collèges et les lycées. C’est pour moi une priorité car la situation actuelle creuse des inégalités. »

Vous avez été nombreuses et nombreux à nous faire part de votre inquiétude, de vos angoisses voire de votre colère par rapport à cette annonce du Président le la République lundi soir. Nous avons relayé ces sentiments à M. le Recteur dès ce matin (mardi 14) afin que son échange avec le Ministère prévu en fin de journée soit nourri des ressentis du terrain. Nous l’avons informé de l’existence d’un sentiment partagé que l’intérêt de l’économie prime sur celui de la santé, en particulier celle des enseignants puisque les gestes barrière sont impossibles à mettre en oeuvre avec des enfants. Le 11 mai, le danger existera toujours ! Incompréhension aussi : faire venir les enfants dans des lieux collectifs alors qu’ils retourneront chez eux auprès de leurs parents, de leurs grands-parents !? Nous avons le souvenir du propos du ministre JM Blanquer au début du confinement : il avait indiqué qu’il ne s’agissait pas d’empêcher la propagation du virus mais d’organiser son étalement dans le temps. On peut donc percevoir le non-dit : le 11 mai, une fois les hôpitaux légèrement désengorgés, nous pourrons retourner à l’école et ce sera notre tour de tomber malades !

- La rouverture le 11 mai permettrait donc de pallier le creusement des inégalités ; vraiment ?

Nous avons également communiqué à M. le recteur une inquiétude par rapport au creusement des inégalités. Durant la semaine précédant le début du confinement, bien que nous rentrions de deux semaines de vacances et malgré la non fermeture de écoles, un tiers des élèves étaient déjà absents dans les classes de l’éducation prioritaire car les parents étaient inquiets. Ces parents prendront-ils le risque de scolariser leurs enfants le 11 mai ? De nombreuses familles ont déjà réagi : c’est non ! Le risque existe de voir les élèves les plus éloignés de l’école s’éloigner encore davantage.

- Des questions se posent…

Inquiétudes, angoisses mais aussi questions. Dans le cas où les écoles rouvriraient effectivement le 11 mai : Comment mettre en place des gestes barrière dans une classe, en récréation, à la cantine, à la sieste ? Nous entendons qu’il y aurait des masques de protection. Mais pour qui ? Les enseignant.es ET les élèves ? Les élèves supporteraient-ils le port du masque ? Comment la protection des personnels sera-t-elle assurée ? Comment les facteurs de risque liés à la santé fragile d’enseignant.es ou de leur famille seront-ils pris en compte ? Qui prendrait en charge les élèves des enseignant.es dont la situation de santé ne permettrait pas le retour en classe ? Rentrée progressive et par groupes : qu’est-ce que ça signifie ? etc. N’hésitez pas à nous communiquer vos questions dont nous nous ferons le relai !

Il ne suffit pas de décréter le retour dans les classes ; les choses ne sont pas aussi simples !

Si les questions économiques et en particulier celle des travaileur.ses privé.es de revenus du fait du confinement ne peuvent être ignorées, il n’est pas possible, pas sérieux pour autant de décréter la rouverture des écoles dans n’importe quelles conditions et au prix de la mise en danger des un.es et des autres ! Par exemple, comme l’a demandé le CHSCT ministériel du 3 avril, il faudrait pouvoir tester tous les personnels et élèves avant la reprise, proposer des protections adaptées et en nombre suffisant… Mais annoncer que le dépistage ne sera proposé qu’aux personnes présentant des symptômes, c’est ignorer la période d’incubation et laisser délibérément se propager le virus ! Immédiatement après l’annonce de la rouverture, la Secrétaire générale du SNUipp-FSu s’est exprimée dans les sens d’une demande de retour à la raison.

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