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Retraites : les fausses alternatives !

lundi 16 septembre 2013

« On vit plus longtemps, il faut donc travailler plus longtemps » ; « les fonctionnaires sont des privilégiés » ; « les retraités sont des nantis » ; de fausses évidences ont été soigneusement pilonnées dans les médias pour justifier de nouvelles mesures régressives concernant les retraites.

Les membres du gouvernement ont distillé les mauvaises nouvelles, plaidant pour des mesures courageuses et des efforts partagés entre salariés et retraités.

Le gouvernement a osé des interventions du type : « l’allongement de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein est la mesure la plus juste et permettra de sauver le régime de retraites par répartition si chère à ses yeux ... ».

De qui se moque-t-on ?

En utilisant les mêmes arguments que les précédents gouvernements et en proposant les mêmes solutions, Hollande oublie que les réformes de 1993, 2003, 2007 et 2010 ont déjà réduit les droits à pensions de plus de 30 %, en aggravant les inégalités déjà fortes entre les pensions des femmes et celles des hommes.

Augmenter la durée de cotisation, c’est en réalité programmer la baisse des pensions. Baisse pour les nouvelles générations, par exemple, entrées plus tard dans la vie professionnelle du fait de l’allongement des études et qui connaissent déjà un chômage massif, aggravé par l’incitation faite aux seniors qui le peuvent de prolonger leur activité.

Le gouvernement justifie cette nouvelle réforme par l’allongement de la durée de vie. Mais il oublie de préciser que si l’espérance de vie augmente, l’espérance de vie en bonne santé, elle, diminue depuis plusieurs années. La souffrance au travail se développe, de nouvelles pathologies apparaissent. Les plus dures années au travail sont entre 60 et 65 ans. Les meilleures années de la retraite sont entre 60 et 65 ans.

De plus, il oublie de préciser également que le déficit actuel ne doit rien au vieillissement de la population. Le rapport Moreau « Nos retraites demains, équilibre financier et juste » confirme que le déficit de la branche vieillesse en 2020 est lié à la crise : « La durée et l’ampleur de la crise depuis 2008 affectent fortement le système des retraites et rendent plus exigeantes les conditions de retour à l’équilibre » et que le déséquilibre démographique sera derrière nous en 2035 !

Le bilan des dernières contre réformes est sans appel pour les solutions préconisées par le PS comme l’UMP : l’allongement de la durée de cotisation, le recul des âges de la retraite, la désindexation des pensions par rapport aux salaires et la prise en compte de 25 meilleures années de salaires au lieu des 10 dans le régime général ont abouti à :

- la baisse effective des pensions : et le COR évalue encore entre 15 et 25 % cette baisse relative aux salaires à l’horizon 2060.

- l’augmentation du taux de chômage des jeunes

- l’instillation du doute dans les esprits quant à la capacité d’un système collectif à perdurer, afin de préparer la place aux fonds de pension et aux compagnies d’assurance, malgré la stérilité de ceux-ci en termes de création de richesses.

Il y a plus de retraité-es pour l’instant ? A moins de décréter leur paupérisation, il est normal de financer leurs retraites en augmentant leur part dans la richesse produite. Selon le Conseil d’orientation des retraites, il faudrait, à législation inchangée, un point de PIB supplémentaire en 2020 pour équilibrer le système de retraite alors que la part des salaires a chuté d’environ 6 points au cours des dernières décennies en faveur des dividendes.

La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. La retraite à 60 ans par répartition n’est pas un fardeau, elle est une transmission continue et solidaire de la prise en charge d’une génération par la suivante. C’est pourquoi elle dépend aussi de l’avenir que la société sera capable d’offrir aux jeunes générations.

La FSU fait des propositions pour défendre un droit à la retraite à 60 ans, avec un taux de remplacement de 75 %. Ce financement a un coût, certes, mais nous pensons qu’une politique de lutte volontaire contre l’évasion et la fraude sociale (selon la commission des affaires sociales de l’assemblée nationale, elle représenterait de 13,5 à 15,8 milliards d’euros ; rapport du 29 juin 2011) et contre l’évasion fiscale ; la suppression des exonérations de cotisation qui n’ont pas fait la preuve de leur efficacité, … sont des pistes à envisager pour financer le régime par répartition. Et pourtant, aucun gouvernement, ni de droite, ni de gauche n’a encore abordé cette question. POURQUOI ?

POURQUOI l’administration fiscale a-t-elle perdu 25 000 agents depuis 2002 ?

POURQUOI le nombre de vérifications approfondies de situations personnelles a-t-il chuté de 12% entre 2006 et 2011 ?

POURQUOI laisse-t-on chaque année 60 à 80 milliards d’euros échapper à l’impôt, tout en prétextant les déficits publics ainsi creusés pour sacrifier les retraites, les allocations sociales, les emplois publics, les investissements écologiques d’avenir ?

(texte écrit à partir des documents publiés sur le site internet d’ATTAC et de la FSU)

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