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Quand l’enseignant(e) devient agent de sécurité…

dimanche 10 janvier 2016

La dernière communication sur la sécurité envoyée aux écoles de Besançon concerne les consignes à appliquer aux moments des entrées et sorties. Elle stipule notamment :

  • Lorsque l’accès de l’école est ouvert, un enseignant doit être présent à la grille et assurer une vigilance accrue des entrées et sorties. Pourtant, elle précise également  :
  • Pour les écoles maternelles, les enfants sont confiés aux parents et les consignes pour les entrées et les sorties restent les mêmes que précédemment.

L’application de cette consigne pose particulièrement problème en maternelle où l’accueil a très majoritairement lieu dans les classes. D’après l’administration, M. le Recteur a souhaité que quelqu’un soit présent dans les cours d’écoles pour surveiller, y compris en maternelle. Cette consigne s’applique-t-elle à toute l’académie ?

Pourquoi les équipes des écoles maternelles considèrent-elles que cette consigne n’est pas réalisable ? En maternelle, la durée de l’accueil est plus longue que dans les écoles élémentaires car les parents sont invités à entrer dans l’école, souvent à déshabiller leur enfant et parfois à l’accompagner aux toilettes. Les organisations sont réfléchies pour que les conditions de la transition entre la famille et l’école soient les plus favorables possibles.

L’enseignant(e) présent(e) à la grille quatre fois par jour ne serait alors pas dans sa classe ni avec ses élèves. Ceux-ci devraient être confiés aux autres enseignant(e)s de l’école (quand il y en a !). Cela impliquerait une organisation du type accueil collectif dans la salle de motricité ou autre arrangement de répartition des enfants, mais ne permettrait pas aux enseignant(e)s qui le souhaitent d’accueillir individuellement leurs élèves dans leur salle de classe, ni de mettre en place des activités structurées dès l’arrivée des élèves. Une récréation serait donc ainsi imposée pour commencer chaque demi-journée.

La liaison école-famille se verrait aussi impactée ; les entrées et sorties étant des moments privilégiés de cette communication. La mesure imposant la présence d’un(e) enseignant(e) à la grille obligerait donc des fonctionnements contradictoires avec les intérêts pédagogiques et même avec les préconisations des programmes de 2015 de l’école maternelle selon lesquels « l’accueil quotidien dans la salle de classe est un moyen de sécuriser l’enfant ».

Et l’enseignant(e)-vigile posté(e) à côté de la grille, que devient-il ? Les enseignant(e)s, celles et ceux qui exercent quotidiennement leur mission dans une école maternelle et connaissent la réalité du terrain, savent bien qu’il n’est concrètement guère envisageable que la durée d’ouverture du portail, entre l’entrée de la première famille et la sortie du dernier parent, puisse être inférieure à une vingtaine de minutes. Au moment de la sortie, une dizaine de minutes peuvent être nécessaires pour permettre à chaque famille de récupérer son enfant avant de quitter les locaux puis la cour de l’école.

20 minutes le matin + 10 minutes avant la pause déjeuner + 20 minutes en début d’après-midi + 10 minutes en fin de journées = 1 heure par jour durant laquelle la mission de l’enseignant(e) se transforme en mission de vigile (pour laquelle il (elle) n’est aucunement formé(e), qui plus est)… quelles que soient les conditions météorologiques… Même si un roulement peut être mis en place, avec 4 « permanences » journalières, le tour de rôle revient vite, dans les écoles maternelles qui sont des petites structures.

Certes, on peut essayer de réduire de quelques minutes la durée d’ouverture des grilles et imposer aux familles et aux enfants de se presser davantage…

Des injonctions inapplicables à reconsidérer

Pour le SNUipp-FSU du Doubs, il n’est pas acceptable que les enseignant(e)s se trouvent dans des situations délicates, notamment vis à vis des parents du fait d’injonctions par ailleurs en décalage avec la réalité quotidienne. Si l’importance de la question de la sécurité est évidente, celle de la responsabilité de l’enseignant(e) dans l’exercice de sa mission ne doit pas être prise à la légère. Les représentant(e)s du SNUipp-FSU ont engagé une discussion sur ce sujet avec l’administration. Par ailleurs, des enseignant(e)s auront l’occasion de s’exprimer sur cette question lors d’une rencontre avec M. le Recteur organisée à Planoise le 21 janvier. N’hésitez pas à leur transmettre vos remarques par l’intermédiaire du SNUipp !

Les suites de ces échanges feront l’objet d’une information.

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